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Illustration d'un petit monstre attachant aux grands yeux timides, assis sur une souche d'arbre dans une forêt enchantée baig

Le monstre qui n’aimait pas faire peur : une histoire pour parler de différence

Alphonse a six ans, des dents pointues et une allure propre à faire reculer les enfants. Pourtant, ce petit monstre redoute lui-même la peur qu’il inspire et rêve surtout de se faire des amis. Publié chez Splash!, l’album de Séverine de La Croix joue avec cette contradiction sans rendre son héros inquiétant.

Le monstre qui n’aimait pas faire peur raconte le parcours d’un enfant-monstre qui cherche sa place parmi les autres. Ses quarante-quatre pages conviennent dès six ans pour parler d’apparence, de timidité, de peur du rejet et d’amitié, avec un humour qui laisse respirer l’histoire.

Le monstre qui n’aimait pas faire peur: de quoi parle l’album?

Alphonse veut être accueilli

Alphonse vit dans un univers où les monstres sont censés faire peur. Son visage, ses dents et son allure semblent confirmer ce rôle. Lui ne s’y reconnaît pas.

Il se montre peureux et préfère imaginer une rencontre où les autres enfants l’accueilleraient sans s’arrêter à son apparence.

Cette situation parle immédiatement aux enfants qui se sentent jugés avant d’avoir eu le temps de montrer leur caractère. Le récit ne demande pas de choisir entre être courageux ou sensible. Alphonse cherche une manière de rester lui-même tout en allant vers les autres.

Cette recherche donne à l’histoire son mouvement et ses scènes amusantes.

Une peur rendue légère

La figure du monstre peut impressionner un enfant avant même l’ouverture du livre. Ici, elle devient un terrain de jeu. Les tentatives d’Alphonse pour paraître moins effrayant créent un décalage comique, sans effacer ce qu’il est.

Le parent peut s’arrêter sur une image ou une réaction et demander: « À ton avis, que ressent-il à ce moment-là? » La réponse n’a pas besoin d’être juste. Elle aide l’enfant à nommer une émotion et à regarder le personnage autrement que par son apparence. Le désir d’amitié reste le fil qui relie les épisodes.

À retenir
  • Alphonse souhaite être accepté malgré son apparence de petit monstre.
  • L’histoire montre que la sensibilité et le courage peuvent coexister chez un même personnage.
  • Les illustrations de Pauline Roland aident à distinguer ce qu’Alphonse montre de ce qu’il ressent.
  • L’album ouvre une discussion sur la peur du rejet et l’amitié.

Qui a créé cet album pour enfants?

Une histoire signée Séverine de La Croix

L’autrice Séverine de La Croix construit une histoire autour d’Alphonse, petit monstre qui ne veut pas remplir le rôle attendu de lui. Le récit avance par ses tentatives pour se rapprocher des enfants et par les malentendus liés à son physique. Cette simplicité laisse de la place aux échanges pendant la lecture.

L’album est paru le 23 octobre 2019. Cette date est indiquée sur la fiche de l’album.

Les images de Pauline Roland

Les illustrations sont de Pauline Roland. Dans un album, elles ne servent pas seulement à accompagner les phrases: elles montrent le contraste entre ce que le personnage paraît être et ce qu’il ressent. Un enfant peut y repérer un détail, anticiper une réaction ou remarquer qu’une posture raconte déjà quelque chose.

L’éditeur est Splash!. L’ouvrage compte 44 pages, un format qui permet une lecture suivie, puis quelques pauses sur les images. Pour un enfant qui aime prolonger la rencontre avec un personnage, on peut ensuite retrouver le plaisir des devinettes dans le jeu du Qui suis-je, en inventant des indices sur Alphonse.

Pour quel âge ?
L’album s’adresse aux enfants à partir de six ans.

Les thèmes de l’album à partager avec un enfant

L’apparence ne raconte pas tout

Alphonse a l’air redoutable et ressent pourtant de la crainte. Le livre donne ainsi une forme concrète à une idée parfois difficile à expliquer: une apparence ne suffit pas à connaître quelqu’un. L’enfant peut comprendre qu’un camarade très discret, très agité ou impressionnant a aussi ses peurs et ses envies.

Le mot « monstre » évoque d’abord une créature qui sort de l’ordinaire. Son histoire rappelle aussi que la différence devient plus facile à vivre lorsque quelqu’un prend le temps d’écouter. Le décalage entre dehors et dedans ouvre une discussion délicate sans faire la leçon.

Se faire une place sans se déguiser

Alphonse cherche à être accepté. Il ne renonce pas à son identité de monstre, même lorsqu’il tente d’adoucir l’impression qu’il produit. Cette nuance est utile pour parler de l’amitié: adapter une façon d’aborder les autres peut aider, tandis que jouer un personnage éloigné de soi fatigue vite.

Un enfant peut relier cela à une arrivée dans un groupe, à une invitation ou à une cour de récréation. Les repères sur le développement de l’enfant peuvent aider à mettre des mots sur les différentes façons d’entrer en relation. L’acceptation de soi reste ici liée à un geste concret: oser aller vers quelqu’un.

À partir de quel âge lire cet album?

Dès six ans, avec une lecture accompagnée

L’éditeur présente ce livre pour les enfants à partir de 6 ans. À cet âge, le lecteur peut suivre le projet d’Alphonse, comprendre pourquoi il est mal à l’aise et saisir l’humour produit par l’écart entre son allure et son tempérament.

L’âge ne suffit pourtant pas à décider. Un enfant plus jeune peut apprécier les illustrations et écouter l’histoire avec un adulte. Un enfant plus âgé peut y voir une question plus personnelle: comment être accepté lorsqu’on se sent différent.

La lecture à voix haute permet de ralentir dès qu’une image inquiète ou amuse.

Les points à contrôler avant la lecture

  • Vérifiez si votre enfant supporte déjà les histoires avec des monstres, même lorsqu’elles restent légères.
  • Feuilletez les illustrations avec lui s’il réagit vivement aux dents, aux ombres ou aux visages expressifs.
  • Gardez du temps après la dernière page pour accueillir une question sur la peur ou l’amitié.
  • Choisissez une lecture partagée si votre enfant confond facilement une image drôle avec une image menaçante.
  • Reportez le livre si le thème de la peur du noir est déjà très présent au coucher.

Un enfant sensible n’a pas besoin d’être convaincu. Une autre histoire, puis un retour vers Alphonse plus tard, peut mieux respecter son rythme. La disponibilité émotionnelle compte davantage que l’envie de finir un livre ce soir-là.

44 pagesL’album permet une lecture continue tout en laissant du temps pour observer les images.

Questions et activités après la lecture

Mettre les émotions en mots

Après le livre, une question courte suffit: « Qu’est-ce qu’Alphonse aurait pu dire pour se présenter? » L’enfant peut répondre avec ses propres mots ou jouer le personnage. Cette activité évite de transformer la lecture en exercice scolaire et l’aide à imaginer une rencontre moins intimidante.

Une autre idée consiste à dessiner un monstre doux, drôle ou timide, puis à lui donner trois goûts et une inquiétude. Le dessin devient un détour agréable pour évoquer ce que l’enfant ressent. Dessiner avec son enfant peut aider à commencer cette activité sans imposer de modèle.

Un cas de lecture partagé

Un enfant qui demande si Alphonse va faire peur aux autres peut avoir besoin de savoir où se situe le livre sur l’échelle de l’inquiétude. L’adulte peut répondre que le héros veut se faire des amis, puis proposer de lire quelques pages ensemble. Si l’enfant rit des situations, la lecture peut continuer.

S’il se crispe devant une illustration, on referme le livre et on choisit une activité calme.

La discussion gagne à rester ouverte: « Qu’est-ce qui t’a fait peur? » ou « Qu’est-ce qui t’a fait rire? » Une réponse personnelle vaut mieux qu’une interprétation donnée trop vite. Les albums nourrissent aussi le langage quand ils sont repris plusieurs fois.

Informations pratiques sur le livre

Les repères à garder sous la main

Situation de lectureCe que l’album peut apporterLimite à anticiper
Enfant attiré par les monstresUne figure monstrueuse rendue attachanteFeuilleter d’abord si certaines images impressionnent
Enfant qui craint le rejetUn personnage qui veut trouver des amisÉviter de forcer un parallèle avec sa vie
Lecture du soirUne histoire légère qui permet d’échangerPrévoir un temps calme après la dernière page

L’album est écrit par Séverine de La Croix, illustré par Pauline Roland et publié chez Splash!. Son ISBN est 978-2-36829-200-6.

Quand choisir un autre livre

Ce livre convient moins à un moment où l’enfant refuse toute évocation de monstres ou vit une peur intense du noir. Un récit sans créature imaginaire offrira alors une entrée plus confortable dans le thème de l’amitié. Pour un tout-petit, notre guide des livres et de la lecture pour bébé aide à privilégier des formats et des récits adaptés aux premières lectures partagées.

Les questions que les enfants posent après Alphonse

Alphonse est-il vraiment méchant?

Alphonse a une apparence intimidante, mais son souhait est de se faire des amis. Sa peur et ses efforts pour se rapprocher des enfants orientent le récit vers l’humour et la rencontre. Cette réponse permet de distinguer un personnage qui fait peur d’un personnage qui veut nuire.

L’enfant peut ensuite dire quels indices lui font penser qu’un héros est gentil, inquiet ou maladroit.

Pourquoi ne veut-il pas faire peur?

Dans son univers, faire peur semble attendu des monstres. Alphonse ne se sent pas à sa place dans ce rôle et cherche à être moins effrayant pour aller vers les autres. Son parcours parle du besoin d’être accepté sans masquer totalement ce que l’on est.

L’enfant peut raconter une situation où il aurait aimé être compris avant d’être jugé.

Faut-il expliquer tous les thèmes du livre?

La lecture peut rester un plaisir. Une seule question sur une image ou sur le désir d’amitié d’Alphonse suffit largement. L’enfant choisit parfois de parler d’un détail drôle plutôt que de la différence ou du rejet.

Il vaut mieux poursuivre l’échange à partir de ce qui intéresse l’enfant. Le jeu et l’échange prolongent alors l’histoire naturellement.

Une histoire pour apprivoiser la différence

Un album à lire ensemble

L’histoire d’Alphonse parle aux enfants qui aiment les monstres autant qu’à ceux qui redoutent un peu leur silhouette. Son personnage ne cherche pas à gagner un concours de frayeur: il cherche une place auprès des autres, avec ses propres craintes. L’amitié donne donc son sens au récit.

La lecture partagée permet d’accueillir les réactions sans les corriger. Un enfant peut rire d’Alphonse, s’inquiéter pour lui ou reconnaître son envie de se faire accepter. Ces trois réactions trouvent leur place dans la conversation.

L’album offre surtout un personnage assez doux pour que la peur devienne racontable, et assez singulier pour que l’enfant ait envie de le retrouver.


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